Le blog d'Eqilibre

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mardi 27 mai 2008

L'invisible

"Il faut se souvenir que la non-visibilité, la non-palpabilité et la non-sensibilité d'une chose ne sont pas des preuves de sa non-existence" Amadou Hampâté Bâ

mercredi 7 mai 2008

Vous croyez

"vous croyez que c'est ce que vous gardez qui vous fait riche. On vous l'affirme. Moi je vous dis que c'est ce que vous donnez qui vous fait riche. Tout ce que vous entassez hors de votre coeur est perdu." Jean Giono "j'ai ce que j'ai donné"

vendredi 18 avril 2008

Dragons et trésors

Je voudrais vous inciter à recevoir mes paroles comme le tâtonnement d'une femme qui s'est engagée à ne perdre des yeux sur cette terre ni le rivage de la détresse ni celui de la délivrance, à honorer de la même attention l'innombrable souffrance des hommes et la rutilante merveille de la vie. Persuadée que si l'un de ces rivages se perdait dans la brume j'entrerais aussitôt dans l'illusion et dans la fiction. Cet écartèlement, pour inconfortable qu'il soit, préserve néanmoins des naïvetés d'un espoir aveugle et des complaisances paralysantes du désespoir. Dans tous les lieux habités par la souffrance se trouvent aussi les gués, les seuils de passage, les intenses noeuds de mystère. Ces zone tant redoutées recèlent pourtant le secret de notre être au monde, ou comme l'exprime la pensée mythologique: là où se tiennent tapis les dragons sont dissimulés les trésors.

Christine Singer

jeudi 10 avril 2008

Il y a des êtres...

"Il y a des êtres d'imparfait, les plus mous dans le goût de vivre: la nostalgie n'est pas bonne pour l'appétit. Il y a des êtres du passé simple: ils rompent, à tout bout de champ, on ne sait pas pour qui ni pour quoi, peut être pour le seul plaisir d'entendre le couteau trancher. Il y a des êtres capables de présent: ce sont les plus faciles à vivre puisqu'ils sont dans leur vie. Ils ont cette politesse qu'on pourrait croire banale et naturelle, alors que c'est une rareté : la politesse d'être là."

(Erik Orsenna, La chanson de Charles Quint)

vendredi 4 avril 2008

Création

"Toute création est une victoire sur la peur" Francis Ford Coppola

lundi 31 mars 2008

Voyager

"Voyager, c'est changer son chagrin d'eau" Maurice Dekobra

mercredi 26 mars 2008

Nos libertés

Le monde dans lequel nous nous sommes incarnés nous offre 3 libertés :

1) Celle de choisir notre chemin, les évènements, notre route

2) La manière de recevoir ces évènements

3) La possibilité d’éclairer et de revisiter notre passé (et donc de modifier notre mémoire et ainsi changer efficacement le monde dans lequel nous évoluons, sa représentation)

à cette triple liberté nous répondons le plus souvent par la peur, la souffrance ou la loyauté familiale. Toussaint Corticchiato

lundi 24 mars 2008

L'illusion

"Compte tenu du système socio-économique mis en place, compte tenu surtout de nos présupposés philosophiques, il est visible que l'humain se précipite vers une catastrophe à brève échéance, et dans des conditions atroces; nous y sommes déjà. La conséquence logique de l'individualisme c'est le meurtre, et le malheur. L'enthousiasme qui nous anime dans cette perte est remarquable; vraiment très curieux. Il est par exemple étonnant de voir avec quelle insouciance joyeuse on vient d'évacuer la psychanalyse - qui c'est vrai le méritait bien - pour la remplacer par une lecture réductionniste de l'humain à base d'hormones et de neuromédiateurs. La dissolution progressive au fil des siècles des structures sociales et familiales, la tendance croissante des individus à se percevoir comme des particules isolées, soumises à la loi des chocs, agrégats provisoires de particules plus petites... tout cela rend bien sûr inapplicable la moindre solution politique. Il est donc légitime de commencer par déblayer les sources d'optimisme creux. En revenant à une analyse plus philosophique des choses, on se rend compte que la situation est encore plus étrange qu'on le croyait. Nous avançons vers le désastre, guidés par une image fausse du monde; et personne ne le sait."

(Michel Houellebecq)

jeudi 28 février 2008

Nature et Contrastes

"La nature procède par contrastes. C'est par les oppositions qu'elle fait saillir les objets. c'est par les contraires qu'elle fait sentir les choses." Victor Hugo - Post scriptum de ma vie-

mercredi 27 février 2008

Vivre Zen

Vivre Zen, c'est être lucide. Trier ce qui passe et ce qui demeure. C'est goûter le bonheur du présent et coque de noix dans l'océan de l'absolu, s'arrimer d'instant en instant à l'eternel.

dimanche 24 février 2008

Un conseil ?

Connais-toi toi-même et oublie-toi !

vendredi 22 février 2008

Une certitude !

« Je ne crois pas grand-chose.

Je ne crois même en vérité qu’une seule chose.

Mais cette certitude a coulé partout, a tout imbibé.

Pas un fil de l’existence n’est resté sec.

Elle tient en deux mots : la vie est sacrée. » (Christiane Singer)

jeudi 21 février 2008

je sais, je sais...

"Tu ne sais pas à quel point tu ne sais pas ce que tu ne sais pas" Rabbi Nahman

mercredi 20 février 2008

A la bonne distance

Le monde a perdu de son immensité. Nous habitons un village, la planète est devenue un village nous dit-on. Et pourtant, nous ne nous sommes jamais sentis aussi déboussolés. Sortis du prêt à penser philosophico-économique du libéralisme qui est censé nous montrer la seule voie praticable pour vivre ensemble et trouver notre bonheur, nous sommes perdus. Livrés tout à coup à nous-mêmes. Réfléchir seul, en sommes-nous encore capables ? Ne pas se prendre la tête,se divertir et travailler plus pour gagner plus ! Surtout pas le silence. Pas de recul je vous en supplie ! De la hauteur ? Mais vous n’y pensez pas ! J’ai le vertige au-delà de mon nez… La planète est un village…et pourtant cette sensation de découragement ne nous quitte plus. Un découragement sécrété par notre sentiment d’impuissance à agir, à œuvrer à la construction d’un autre monde. Une incapacité quasi-totale. Le politique n’est plus le donneur d’ordre, l’humanitaire est d’une pureté trouble, l’écologie s’emboucane dans les gaz d’échappements. A force de baisser les bras et de courber l’échine nous avons une fâcheuse tendance à revisiter l’évolution. Avec un petit effort nous allons le trouver le chaînon manquant. Un constat de plus ? Pas seulement. A regarder le monde, il est clair que l’on nous a menti. Je ne vois pas un village mais plutôt un hypermarché. La planète est un hypermarché ! Ca vous fait rêver ? A force de regarder au loin, nous perdons l’usage de nos bras et de nos jambes. Nous ne voyageons plus qu’à travers le regard d‘un autre, nous n’osons la rencontre que derrière un écran, nous n’arpentons plus que les quelques m2 de notre maison : il faut bien penser à notre ravitaillement nourriture, boissons, pipi, rythmés par le son de la pub. Que faire ? C’est partout la guerre…les gens sont fous, ils se bourrent la gueule de bière et vont s’éclater dans les stades ou sur les routes, ils se bourrent le corps d’explosifs et vont se faire sauter dans les centres commerciaux, ils se bourrent de médecine et explosent leurs neurones. Tout est une question de dosage chimique nous dit-on… Tout est peut-être en fait une question de distance. Ramener notre regard à une distance où nos bras peuvent enlacer, relever, bâtir ou réchauffer. Ramener notre cœur là où il peut battre sans se fracasser contre un écran. Réduire la distance pour pouvoir déployer son action. Mais pour agir il faut savoir pourquoi. La question du sens est essentielle. Et là être trop près nous empêche de le trouver. Combien sommes-nous à maudire les pluies du mois de mars, combien sommes-nous à louer la magie de l’été ? Et pourtant l’un ne va pas sans l’autre, ces phénomènes sont liés. A juger, à aimer ou détester, à catégoriser les évènements comme du bonheur ou du malheur dès qu’ils nous touchent nous empêche d’en saisir le sens. Pour comprendre ce qui nous arrive, ce qui nous rencontre et nous traverse, il ne faut pas oublier que les évènements de vie sont de l’ordre de l’éphémère. A vouloir en lire le sens, nous le dénaturons. Bringuebalé d’évènements anodins en actions quotidiennes, le sens s’épuise et se vide de sa substance. Accepter la part d’invisible qui se terre dans chaque fait, accepter que cet invisible soit plus actif que la part visible et demande pour se manifester plus de temps. Sommes-nous capables de suspendre notre jugement le temps suffisant pour que le sens se déploie ? Réduire l’espace pour l’action, augmenter le temps pour le sens. Il ne s’agit donc que d’agir sur les dimensions qui enserrent notre corps. L’esprit lui est libéré de notre monde à 4 dimensions. Si nous cessons de nous fabriquer des prisons mentales, nous pouvons jouer sur les variables du temps et de l’espace et retrouver alors du sens à nos vies et une capacité d’action. Prendre son pouvoir dit-on chez les Amérindiens. Changer le monde commence à l’intérieur de notre tête. Combien de temps encore laisserons-nous aux autres le choix de notre vie. De quoi nous apercevons-nous lorsque nous réajustons ces distances ? Nous retrouvons une pensée simple : chaque geste que nous posons sur cette terre est important. Je dis bien chaque geste : la manière dont je dis bonjour, l’attention avec laquelle j’écoute la parole d’un autre, mon geste lorsque je sers le thé… L’intention que nous mettons dans chaque acte est essentielle. Finis les actes isolés, les actions impossibles, les gouttes d’eau dans la mer. Tout compte. Être pleinement dans ce que l’on fait, quelle que soit sa tâche. Même au milieu d’une contrainte nous pouvons toujours trouver quelque chose à partager. Si nous ne pouvons changer la contrainte, nous pouvons agir sur la manière de l’accomplir. Dans le don et le partage. Toussaint Corticchiato

vendredi 15 février 2008

Le marteau et le clou

« Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous verrez tout problème comme un clou. » disait Abraham Maslow. Cette phrase n’a jamais été autant d’actualité : dans nos valeurs déchirées par la toute puissance du rendement et du profit, dans notre vision du monde et du sens de notre existence laminés par l’atomisme et le réalisme, notre vie manque de repères. Non pas parce qu’ils auraient disparu mais parce que ceux qui nous permettraient de vivre pleinement sont cachés, nécessitant une attention entière et des changements de concepts, de mode de représentation de la réalité. Notre culture est en permanence malaxée, passée au tamis de plus en plus fin du format des médias. Une situation de conflit doit pouvoir s’exposer en 15 secondes. Difficile alors d’échapper à une vision manichéenne du monde où s’affrontent les gentils et les méchants et notion matinée d’américanisme, s’opposent le bien et le mal. Une pensée doit s’exprimer en moins de 15 secondes et se terminer de préférence par un trait d’esprit si l’on veut être entendu et invité sur les plateaux où les critiques de tous poils sont rémunérés en fonction de leur taux d’acidité. La dernière campagne électorale est à ce titre tellement accablante. Oui je sais, participation record, mobilisation générale autour des débats…alors pourquoi je râle ? Parce que j’ai vu un homme extraordinaire dans la communication vider de son sens toutes les idées pour n’en faire que du prêt à penser, des slogans. Imaginez un candidat qui voudrait parler de la complexité du réel, de ce monde qui ne tient debout que grâce à ces millions de gestes d’amour accomplis quotidiennement dans le plus strict anonymat médiatique. Imaginez cet homme essayer de faire entendre la voix de l’humilité et d’une présence respectueuse du vivant…toutes les 15 secondes (je tiens à cette durée) il serait interrompu par une question (journaliste), une ironie (animateur) ou par un slogan (politique). Où se trouve dans notre monde la résonance de la complexité, du subtil, de la profondeur ? Cette résonance va-t-elle survivre à une génération dont le leitmotiv est de ne pas « se prendre la tête » ? Je suis injuste avec mon époque, si nous en sommes là aujourd’hui, contemplant le monde à travers un écran déformant, c’est aussi parce que plus tôt, des penseurs dans leur acharnement à comprendre le monde, ont tenté de le faire non pas à travers un ressenti, mais à travers le mental. Et le mental ne peut offrir que ce qu’il a : des idées toutes faites basées sur la mémoire. Mais surtout, le mental ne peut fonctionner qu’à condition de séparer, réduire, dépiauter ! C’est ainsi que les grands créateurs de la science moderne que furent Galilée et Descartes sont partis d’un postulat simple, qui était que la description du monde physique doit être effectuée grâce à l’emploi exclusif de notions si simples qu’elles n’ont pas besoin d’être définies.

Le point essentiel de la thèse était l’idée que ces notions “constitutives” sont à la fois familières et très peu nombreuses. Descartes, qui leur donnait le nom d’“idées claires et distinctes”, en limitait le nombre à trois, la position, la forme et le mouvement. Et il considérait, tout comme Galilée, que grâce à l’emploi des mathématiques, qui fournissent le lien quantitatif entre les entités correspondantes, il devait être possible d’analyser tous les phénomènes physiques rien qu’au moyen de ces concepts. D’où l’idée que, finalement, toute explication doit pouvoir être formulée en termes de descriptions d’objets localisés, ayant chacun une forme une position et un mouvement bien définis.

« Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous verrez tout problème comme un clou… »

Aujourd’hui, la science moderne, nous offre d’autres outils de compréhension du monde, transcendants ! Et pourtant nous n’arrivons pas à les intégrer car elles nécessitent de changer totalement de représentations.

Difficile d’expliquer notamment la physique quantique dans un blog, je voudrais juste vous glisser ce texte de Trinh Xuan Thuan qui indique la brèche qui s’est ouverte dans les sciences depuis une cinquantaine d’années :

"L’évolution de l’univers est déterminée par deux types d’informations : 1) ses conditions initiales telles son contenu en masse et énergie, son taux initial d’expansion, etc. et 2) une quinzaine de nombres dits « constantes physiques » tels que la constante de gravitation, la constante de Planck, la masse des particules élémentaires, la vitesse de la lumière, etc. Nous pouvons mesurer la valeur de ces constantes avec une très grande précision, mais nous ne disposons d’aucune théorie physique expliquant pourquoi ces constantes ont la valeur qu’elles ont plutôt qu’une autre. En construisant des modèles d’univers avec des conditions initiales et des constantes physiques différentes, les astrophysiciens se sont rendus compte qu’elles ont été réglées de manière extrêmement précise pour l’émergence de la vie et de la conscience. Si les conditions initiales et les constantes physiques étaient légèrement différentes, nous ne serions pas ici pour en parler. Considérons par exemple la densité initiale de matière dans l’univers. La matière exerce une force gravitationnelle attractive qui s’oppose à l’impulsion de l’explosion primordiale et ralentit l’expansion universelle. Si la densité initiale était trop élevée, l’univers s’effondrerait sur lui-même au bout d’un million d’années, d’un siècle ou même d’un an, dépendant de la valeur exacte de la densité. Ce laps de temps serait trop court pour que l’alchimie nucléaire des étoiles produise les éléments lourds, comme le carbone, nécessaires à la vie. Par contre, si la densité initiale de matière était insuffisante, la force de gravité serait trop faible pour que les étoiles se forment. Sans étoiles, adieu aux éléments lourds et à la vie ! Tout se joue sur un équilibre très délicat. La densité initiale de l’univers doit être réglée avec une précision de 10 puissance -60. La précision stupéfiante de ce réglage est comparable à celle dont devrait être capable un archer pour planter une flèche dans une cible carrée d’un centimètre de côté qui serait placée aux confins de l’univers, à une distance de quinze milliards d’années-lumière ! La précision du réglage dépend de la constante ou de la condition initiale dont il s’agit, mais dans tous les cas, un changement infime entraînerait la stérilité de l’univers."

Il est tout à fait extraordinaire de voir comment la vision que la Science nous offre de l’Univers est de nouveau compatible avec les intuitions de certains mystiques ou de certains poètes, comme le montre le rapprochement des propos du grand astrophysicien de Princeton Freeman Dyson " Certaines lois de la physique nucléaire semblent conspirer pour rendre l’univers habitable (...) Je ne me sens pas étranger à l’univers. Plus je l’examine et étudie en détail son architecture, plus je découvre de preuves qui attendaient sans doute notre venue" avec ceux tenus par Paul Claudel soixante-dix ans plus tôt : "Ce que peindront mes Odes, c’est la joie d’un homme que le silence éternel des espaces infinis n’effraie plus mais qui s’y promène avec une confiance familière. Nous n’habitons pas un coin perdu d’un désert farouche et impraticable. Tout dans le monde nous est fraternel et familier. " Toussaint Corticchiato